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Baisse d'action brutale : faut-il acheter quand tout le monde panique (exemple Stellantis)

Francis Bédard Francis Bédard
7 février 2026
12 min de lecture
Baisse d'action brutale : faut-il acheter quand tout le monde panique (exemple Stellantis)

📌 L'essentiel

  • Une baisse brutale d'action n'est pas forcément un signal de vente, mais peut être une opportunité d'achat si les fondamentaux de l'entreprise restent solides
  • Le Livret A rapportera seulement 1,40% en février 2026 contre 3% début 2025, rendant la bourse plus attractive pour qui accepte le risque
  • Investir par petites sommes régulières pendant une baisse permet de lisser le prix d'achat et de réduire le risque d'acheter au plus haut

Introduction

Pas de panique, on va parler d'un sujet qui fait flipper tout le monde : voir une action perdre 40% de sa valeur en quelques mois. Je sais, c'est pas facile de regarder son argent fondre comme neige au soleil. Avec trois enfants et un budget serré, j'ai longtemps gardé tout mon argent sur le Livret A par peur de perdre. Mais j'ai compris un truc : les vraies opportunités arrivent souvent quand tout le monde panique. Prenons l'exemple de Stellantis (la maison-mère de Peugeot, Citroën, Fiat) qui a dégringolé récemment. Est-ce que c'est la catastrophe ou le bon moment pour acheter ? On va voir ça ensemble, tranquillement, sans jargon compliqué.

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Pourquoi une action baisse brutalement (et pourquoi ce n'est pas toujours grave)

Imaginez que vous vendez des gteaux au marché. Un jour, un concurrent arrive avec des prix cassés. Vos ventes baissent de 30% en un mois. Est-ce que ça veut dire que vos gteaux sont mauvais ? Non. Ça veut juste dire que le marché a changé temporairement. C'est pareil pour une action en bourse.

Quand une action comme Stellantis perd 40% de sa valeur, ça peut venir de plusieurs raisons :

  • Une mauvaise nouvelle ponctuelle : l'entreprise annonce des résultats moins bons que prévu, ou un changement de direction
  • Une peur collective : les investisseurs paniquent tous en même temps (effet mouton)
  • Un changement de secteur : par exemple, la transition vers l'électrique qui inquiète pour les constructeurs automobiles traditionnels
  • Une crise économique générale : tout le marché baisse, pas juste cette entreprise

Le truc à comprendre, c'est que le prix d'une action ne reflète pas toujours la vraie valeur de l'entreprise. C'est comme si votre maison valait 200 000 € mais que personne ne voulait l'acheter pendant trois mois à cause d'une rumeur idiote. Sa vraie valeur n'a pas changé, c'est juste la perception qui a bougé.

Point de vigilance : certaines baisses sont justifiées. Si l'entreprise perd des parts de marché depuis des années, accumule des dettes et n'a pas de stratégie claire, la baisse peut être définitive. Il faut faire la différence entre une baisse temporaire et un déclin structurel.

Le contexte actuel : le Livret A ne rapporte presque plus rien

Parlons maintenant de votre alternative : le Livret A. Selon les dernières données, le taux va tomber à 1,40% au 1er février 2026. C'est le niveau le plus bas depuis quatre ans. Pour vous donner une idée concrète :

Montant épargné Intérêts annuels à 3% (début 2025) Intérêts annuels à 1,40% (février 2026) Perte annuelle
2 000 € 60 € 28 € -32 €
5 000 € 150 € 70 € -80 €
10 000 € 300 € 140 € -160 €
22 950 € (plafond) 689 € 321 € -368 €

En un an, le rendement a été divisé par plus de deux. Si vous avez le plafond du Livret A, vous perdez presque 370 € d'intérêts par an par rapport à début 2025. C'est énorme quand on a un budget serré.

Pourquoi cette baisse ? Deux raisons principales :

1. L'inflation est redescendue : elle était à 4,9% en 2023, 2% en 2024, et seulement 1% en 2025

2. Les taux interbancaires ont baissé : le taux €ster (le prix auquel les banques s'échangent de l'argent) est passé de 3,5% à environ 1,94%

La formule de calcul du Livret A combine ces deux éléments, d'où la chute brutale. Et ça ne devrait pas remonter de sitôt selon les économistes.

Face à ce rendement misérable, la bourse devient plus attractive, même avec ses risques. C'est là que les baisses d'actions peuvent devenir intéressantes.

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Comment savoir si une baisse est une opportunité ou un piège

On arrive au cœur du sujet. Comment faire la différence entre une action qui baisse temporairement (opportunité) et une action qui part en vrille définitivement (piège) ?

Voici ma checklist perso que j'utilise depuis des années :

1. L'entreprise vend-elle toujours des produits ou services ?

Si Stellantis continue de vendre des voitures (même moins qu'avant), c'est bon signe. Si une entreprise arrête progressivement ses activités, fuyez.

2. A-t-elle du cash en réserve ?

Regardez le bilan financier (disponible gratuitement sur des sites comme Zone Bourse). Si l'entreprise a plusieurs milliards de trésorerie, elle peut tenir le choc. Si elle est endettée jusqu'au cou sans cash, danger.

3. Son secteur a-t-il un avenir ?

L'automobile a un avenir (les gens auront toujours besoin de se déplacer), même si elle doit se transformer avec l'électrique. Par contre, un fabricant de DVD n'a plus d'avenir.

4. Les dirigeants ont-ils une stratégie claire ?

Lisez les communiqués de presse. Si les dirigeants expliquent clairement leur plan de transformation, c'est rassurant. Si c'est le flou total, méfiance.

5. Le marché a-t-il surréagi ?

Parfois, une action perd 40% alors que les résultats ne baissent que de 10%. C'est souvent un effet de panique collective. Le marché surréagit dans les deux sens : à la hausse comme à la baisse.

Frais caché à connaître : quand vous achetez des actions, vous payez des frais de courtage (environ 0,50% à 1% selon votre courtier). Sur un achat de 1 000 €, ça fait 5 à 10 € de frais. Pensez-y dans votre calcul.

La technique du DCA : investir petit à petit pendant la baisse

Bon, admettons que vous ayez fait votre analyse et que vous pensez que Stellantis (ou une autre action) est une opportunité. Faut-il tout acheter d'un coup ?

Non, surtout pas. Personne ne sait où est le point le plus bas. L'action peut encore baisser de 20% après votre achat. C'est là qu'intervient une technique géniale : le DCA (Dollar Cost Averaging, ou "investissement programmé" en français).

Le principe est ultra simple : vous investissez la même somme tous les mois, peu importe le prix de l'action. Exemple concret :

  • Janvier 2026 : vous achetez pour 100 € d'actions Stellantis à 12 € l'action → vous avez 8,33 actions
  • Février 2026 : l'action baisse à 10 €, vous achetez encore pour 100 € → vous avez 10 actions de plus
  • Mars 2026 : l'action remonte à 11 €, vous achetez pour 100 € → vous avez 9,09 actions de plus
  • Total : vous avez investi 300 € et possédez 27,42 actions à un prix moyen de 10,94 €

Si vous aviez tout mis en janvier à 12 €, vous auriez seulement 25 actions. Avec le DCA, vous avez lissé votre prix d'achat et profité de la baisse.

Mon conseil perso : commencez avec 50 € à 100 € par mois, pas plus. Même si vous avez 5 000 € de côté, étalez sur 6 à 12 mois. Ça vous protège si la baisse continue.

Exemple concret : Sophie, 34 ans, infirmière à Lyon

Sophie, 34 ans, infirmière à Lyon, gagne 2 100 € net par mois. Elle a 8 000 € sur son Livret A au plafond et 4 000 € sur son Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). Avec le taux qui tombe à 1,40%, elle ne gagne que 168 € par an sur ses 12 000 € d'épargne.

Elle lit que Stellantis a perdu 40% et se dit que c'est peut-être le moment d'essayer la bourse. Voici ce qu'elle fait :

1. Elle garde 3 mois de salaire de sécurité : 6 300 € restent sur le Livret A (intouchables)

2. Elle ouvre un Plan d'Épargne en Actions (PEA) chez Boursorama (frais faibles)

3. Elle décide d'investir 100 € par mois pendant 12 mois sur un Exchange Traded Fund (ETF) World (diversification mondiale) et 50 € par mois sur Stellantis (pari personnel)

4. Total investi : 1 800 € sur un an, soit seulement 15% de son épargne totale

Résultat au bout d'un an (scénario optimiste) :

  • Si Stellantis remonte de 30% après sa baisse, ses 600 € investis valent 780 € → gain de 180 €
  • Son ETF World progresse de 8% (moyenne historique), ses 1 200 € valent 1 296 € → gain de 96 €
  • Total : elle a gagné 276 € au lieu des 168 € du Livret A

Mais attention, scénario pessimiste possible : si Stellantis baisse encore de 20% et l'ETF de 5%, elle perd temporairement de l'argent. C'est pour ça qu'elle n'a investi que 15% de son épargne et qu'elle garde le reste au chaud.

Point crucial : Sophie ne touche pas à cet argent avant 5 à 10 ans. C'est la règle d'or en bourse. Si vous avez besoin de l'argent dans 2 ans pour acheter une voiture, ne le mettez pas en bourse.

Les erreurs à éviter absolument quand on achète pendant une baisse

J'ai fait toutes ces erreurs, croyez-moi. Voici ce qu'il ne faut surtout pas faire :

1. Mettre tout son argent d'un coup

On l'a vu avec le DCA, c'est la pire idée. Vous risquez d'acheter juste avant une nouvelle baisse de 20%.

2. Investir de l'argent dont vous avez besoin

Ne mettez jamais en bourse l'argent de votre loyer, de vos courses ou de vos vacances prévues dans 6 mois. Gardez 3 à 6 mois de salaire sur le Livret A, point final.

3. Paniquer et vendre au premier rebond

Vous achetez à 10 €, l'action remonte à 12 €, vous vendez content. Mais elle monte ensuite à 18 €. Vous avez gagné 20% alors que vous auriez pu gagner 80%. Patience.

4. Acheter sans comprendre l'entreprise

Si vous ne savez pas ce que fait l'entreprise, comment elle gagne de l'argent, qui sont ses concurrents, n'achetez pas. C'est comme parier sur un cheval sans connaître son nom.

5. Suivre les conseils de votre beau-frère

Votre beau-frère a peut-être acheté Tesla à 50 € et revendu à 300 €. Félicitations. Mais il a peut-être aussi perdu 10 000 € sur d'autres actions dont il ne parle jamais. Faites vos propres analyses.

Frais caché numéro 2 : les frais de gestion annuels d'un PEA sont souvent de 30 à 50 € par an. Chez certains courtiers en ligne (Boursorama, Fortuneo), c'est gratuit si vous passez au moins un ordre par an. Renseignez-vous avant d'ouvrir.

Mon avis : les baisses sont vos meilleures amies (si vous êtes patient)

Je vais vous dire un truc qui va peut-être vous surprendre : j'adore les baisses de marché. Pourquoi ? Parce que c'est le seul moment où on peut acheter des entreprises solides à prix cassé.

Quand j'ai commencé à investir en bourse il y a une dizaine d'années, j'avais peur de tout. Je regardais mon compte tous les jours, je paniquais au moindre -2%. Et puis j'ai compris que la bourse, c'est comme les soldes : vous ne vous plaignez pas quand votre magasin préféré baisse ses prix de 40%, non ? Alors pourquoi paniquer quand une action fait pareil ?

Le problème, c'est qu'on a peur de perdre. C'est normal, c'est humain. Mais si vous suivez ces règles simples, vous limitez énormément le risque :

1. N'investissez que l'argent dont vous n'avez pas besoin avant 5-10 ans

2. Diversifiez : ne mettez pas tout sur une seule action (les ETF sont parfaits pour ça)

3. Investissez régulièrement : 50 € par mois, c'est déjà énorme sur 10 ans

4. Ne regardez pas votre compte tous les jours : une fois par trimestre suffit largement

Avec mes trois enfants et un budget serré, je n'ai jamais pu mettre des grosses sommes. Mais 100 € par mois pendant 10 ans à 7% de rendement moyen, ça fait 17 308 €. Sur le Livret A à 1,40%, ça aurait fait 12 720 €. La différence ? 4 588 €. C'est ça, la magie des intérêts composés et de la bourse sur le long terme.

Pour aller plus loin

Si vous voulez vraiment comprendre comment fonctionne la bourse et pourquoi les baisses sont des opportunités, je vous recommande de lire ces trois livres qui m'ont énormément aidé. Ils expliquent tout simplement, sans jargon compliqué.

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Vous pouvez aussi :

  • Ouvrir un compte démo chez un courtier (Boursorama, Fortuneo) pour vous entraîner sans risque
  • Suivre quelques entreprises que vous connaissez bien (celles dont vous utilisez les produits)
  • Lire les rapports annuels (disponibles gratuitement sur les sites des entreprises) : c'est chiant au début, mais c'est là qu'on apprend vraiment
  • Rejoindre des forums comme celui de l'Avenue des Investisseurs pour échanger avec d'autres débutants

Et surtout, commencez petit. Même 20 € par mois, c'est un début. Le plus important, c'est de se lancer et d'apprendre en faisant.

Ce qu'il faut retenir

1. Une baisse brutale d'action n'est pas forcément un signal de vente, mais peut être une opportunité d'achat si les fondamentaux de l'entreprise restent solides (ventes, cash, stratégie claire)

2. Le Livret A rapporte seulement 1,40% en février 2026, rendant la bourse plus attractive pour qui accepte le risque et un horizon de 5-10 ans minimum

3. Investissez par petites sommes régulières (DCA) pour lisser votre prix d'achat et réduire le risque d'acheter au plus haut, sans jamais mettre l'argent dont vous avez besoin à court terme

Pas de panique si vous débutez. On est tous passés par là. L'important, c'est de commencer doucement, d'apprendre de ses erreurs, et de rester patient. Les vraies fortunes se construisent sur 10, 20, 30 ans, pas en 6 mois. Alors respirez, faites vos analyses, et profitez des baisses quand elles arrivent. C'est là que les opportunités se cachent.

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Francis Bédard

Francis Bédard

Papa de 3 enfants, j'ai dû apprendre à gérer un budget serré. Aujourd'hui, j'aide les débutants à reprendre le contrôle de leurs finances.