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Épargne & Budget

Donation aux enfants : transmettre jusqu'à 200 000 euros sans impôt en 2026

Francis Bédard Francis Bédard
20 janvier 2026
14 min de lecture
Donation aux enfants : transmettre jusqu'à 200 000 euros sans impôt en 2026

📌 L'essentiel

  • Chaque parent peut donner 100 000 euros par enfant tous les 15 ans sans payer de droits de donation
  • Le don familial de sommes d'argent permet de transmettre 31 865 euros supplémentaires si vous avez moins de 80 ans
  • La donation-partage transgénérationnelle permet de sauter une génération et de donner directement aux petits-enfants avec leur accord

Introduction

Quand mes trois enfants ont grandi, j'ai commencé à me poser cette question que beaucoup de parents se posent : comment les aider financièrement sans me ruiner en impôts ? Parce que bon, entre nous, transmettre son patrimoine, c'est bien beau, mais si la moitié part dans les caisses de l'État, ça fait mal au cœur. La bonne nouvelle, c'est qu'en France, on peut donner pas mal d'argent à ses enfants sans payer un centime de droits de donation. La mauvaise, c'est que les règles sont complexes et changent régulièrement. En 2026, les abattements restent généreux, mais encore faut-il savoir comment s'y prendre. Pas de panique, on va voir ça ensemble, simplement, avec des exemples concrets et les chiffres à jour.

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Les abattements fiscaux en 2026 : combien peut-on vraiment donner ?

Commençons par le plus important : les montants que vous pouvez transmettre sans payer d'impôt. En 2026, chaque parent peut donner 100 000 euros à chacun de ses enfants tous les 15 ans sans que l'administration fiscale ne réclame un centime. C'est ce qu'on appelle l'abattement de droit commun, prévu par l'article 779 du Code Général des Impôts (CGI).

Concrètement, si vous êtes en couple, vous pouvez transmettre 200 000 euros par enfant tous les 15 ans. Avec trois enfants comme moi, ça fait 600 000 euros que vous pouvez sortir de votre patrimoine en franchise d'impôt. Pas mal, non ?

Mais ce n'est pas tout. Il existe un second abattement, moins connu mais tout aussi intéressant : le don familial de sommes d'argent (article 790 G du CGI). Ce dispositif permet de donner 31 865 euros supplémentaires, mais attention, il y a des conditions :

  • Le donateur doit avoir moins de 80 ans
  • Le bénéficiaire doit être majeur (ou émancipé)
  • Il ne s'applique qu'aux sommes d'argent (pas aux biens immobiliers ou aux objets)

Ces deux abattements se cumulent. Donc, si vous avez 65 ans et que votre fils a 30 ans, vous pouvez lui donner 131 865 euros en une fois (100 000 euros + 31 865 euros) sans aucun impôt. Et votre conjoint peut faire exactement la même chose, ce qui porte le total à 263 730 euros par enfant.

Point de vigilance : Ces abattements se renouvellent tous les 15 ans entre les mêmes personnes. Si vous avez déjà donné 50 000 euros à votre fille il y a 10 ans, il vous reste 50 000 euros d'abattement disponible. Mais il faudra attendre encore 5 ans pour que les 100 000 euros complets soient à nouveau disponibles.

Le don manuel : la transmission la plus simple

Le don manuel, c'est la forme de donation la plus courante et la plus simple. Pas besoin de notaire, pas de formalisme particulier. Vous donnez de la main à la main, ou par virement bancaire, et c'est fait. Ça marche pour :

  • Les sommes d'argent (espèces, chèque, virement)
  • Les objets (bijoux, tableaux, voiture)
  • Les valeurs mobilières (actions, obligations)

En revanche, vous ne pouvez pas faire de don manuel pour un bien immobilier. Pour transmettre un appartement ou une maison, il faut obligatoirement passer devant un notaire.

La déclaration fiscale

Même si le don manuel est informel, vous devez le déclarer à l'administration fiscale. Le délai dépend de la valeur du don :

  • Plus de 15 000 euros : déclaration dans le mois qui suit le don avec le formulaire 2735
  • Moins de 15 000 euros : déclaration possible plus tard, notamment lors d'une succession ou d'une nouvelle donation

Je sais, on se dit toujours qu'on a le temps, mais croyez-moi, il vaut mieux déclarer rapidement. D'abord parce que ça vous met en règle, et ensuite parce que c'est à partir de cette déclaration que le délai de 15 ans commence à courir pour renouveler l'abattement.

Frais cachés : Si vous dépassez les abattements, les droits de donation peuvent grimper vite. Entre parents et enfants, le barème va de 5 % (jusqu'à 8 072 euros) à 45 % (au-delà de 1 805 677 euros). Autant bien calculer avant de donner.

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La donation-partage : anticiper sa succession

Si vous avez plusieurs enfants et que vous voulez éviter les disputes après votre décès, la donation-partage est un excellent outil. Contrairement au don manuel, elle nécessite un acte notarié, mais elle présente de gros avantages.

Le principe

Vous donnez et vous répartissez vos biens entre vos enfants de votre vivant. Chacun reçoit sa part, et cette répartition est figée. Au moment de votre décès, on ne reviendra pas sur ces donations pour recalculer les parts de chacun. Ça évite les conflits et ça sécurise tout le monde.

Les différentes formes

Il existe plusieurs types de donation-partage :

1. La donation-partage classique : vous donnez à vos enfants uniquement

2. La donation-partage conjonctive : vous et votre conjoint donnez ensemble

3. La donation-partage transgénérationnelle : vous donnez directement à vos petits-enfants (avec l'accord de vos enfants)

Cette dernière option est particulièrement intéressante si vos enfants sont déjà bien installés financièrement et que vous voulez aider vos petits-enfants. Attention, vos enfants doivent donner leur accord, car cela réduit leur héritage futur.

Les coûts

La donation-partage a un coût, puisqu'elle passe par un notaire. Les frais comprennent :

  • Les droits d'enregistrement (ou droits de donation) : calculés après abattements, selon le barème progressif
  • Les émoluments du notaire : environ 1 % à 2 % de la valeur des biens donnés
  • Les frais divers : débours, formalités administratives

Sur une donation de 150 000 euros à un enfant, avec l'abattement de 100 000 euros, vous paierez environ 2 500 euros de droits de donation (5 % sur 50 000 euros) plus les frais de notaire (environ 2 000 euros). Total : autour de 4 500 euros.

Donner aux petits-enfants : mode d'emploi

Vous voulez aider vos petits-enfants pour leurs études ou leur premier logement ? C'est possible, et les abattements sont intéressants, même s'ils sont moins élevés que pour les enfants.

Les abattements pour les petits-enfants

Chaque grand-parent peut donner 31 865 euros à chacun de ses petits-enfants tous les 15 ans sans payer de droits. Si vous êtes un couple de grands-parents avec quatre petits-enfants, vous pouvez transmettre 255 040 euros au total (31 865 euros × 2 grands-parents × 4 petits-enfants).

Et comme pour les enfants, le don familial de sommes d'argent s'applique aussi : 31 865 euros supplémentaires si vous avez moins de 80 ans et que votre petit-enfant est majeur. Soit un total de 63 730 euros par grand-parent et par petit-enfant.

La donation-partage transgénérationnelle

C'est un dispositif que j'ai découvert il y a quelques années et que je trouve vraiment malin. Vous sautez une génération et vous donnez directement à vos petits-enfants, mais avec l'accord de vos enfants. L'avantage ? Les biens sont évalués au jour de la donation, pas au jour de votre décès. Si vous donnez un appartement qui vaut 200 000 euros aujourd'hui et qu'il en vaut 300 000 euros dans 20 ans, seuls les 200 000 euros seront pris en compte dans votre succession.

Point de vigilance : Vos enfants doivent accepter explicitement que vous donniez à leurs propres enfants. Cette donation viendra en déduction de leur part d'héritage. Il faut donc en discuter en famille pour éviter les tensions.

Le présent d'usage : les petits cadeaux qui ne comptent pas

On n'y pense pas toujours, mais les cadeaux d'anniversaire, de Noël, de mariage ou de réussite à un examen ne sont pas considérés comme des donations. Ce sont des présents d'usage, et ils n'ont pas à être déclarés.

Les conditions

Pour qu'un cadeau soit considéré comme un présent d'usage, il doit respecter deux règles :

1. Être offert pour une occasion particulière (anniversaire, fête, événement familial)

2. Avoir une valeur raisonnable par rapport à votre patrimoine et vos revenus

La notion de "valeur raisonnable" est subjective. Si vous gagnez 3 000 euros par mois, offrir 500 euros pour un anniversaire, c'est acceptable. Offrir 10 000 euros, ça risque d'être requalifié en donation par l'administration fiscale.

Avec mes trois enfants, j'ai pris l'habitude de leur offrir entre 200 euros et 500 euros pour les grandes occasions. Ça leur fait plaisir, ça ne pèse pas trop sur mon budget, et surtout, ça ne compte pas dans les abattements fiscaux.

Exemple concret : la famille Dubois

Sophie et Pierre Dubois, tous deux 62 ans, retraités à Lyon, ont un patrimoine de 800 000 euros (résidence principale, assurance-vie, comptes bancaires). Ils ont deux enfants, Mathilde (35 ans) et Thomas (32 ans), et trois petits-enfants.

Leur objectif

Ils veulent aider Mathilde à acheter sa résidence principale (elle cherche un appartement à 250 000 euros) et commencer à transmettre leur patrimoine pour réduire les droits de succession futurs.

Leur stratégie

1. Don manuel à Mathilde : Sophie et Pierre donnent chacun 100 000 euros à Mathilde, soit 200 000 euros au total. Ils utilisent leur abattement de droit commun.

2. Don familial de sommes d'argent : Comme ils ont moins de 80 ans et que Mathilde est majeure, ils ajoutent chacun 31 865 euros, soit 63 730 euros supplémentaires.

3. Total transmis à Mathilde : 263 730 euros, zéro euro de droits de donation.

4. Don aux petits-enfants : Ils donnent 10 000 euros à chacun de leurs trois petits-enfants (soit 60 000 euros au total). Ces sommes sont largement couvertes par l'abattement de 31 865 euros par grand-parent et par petit-enfant.

5. Déclaration : Ils remplissent le formulaire 2735 dans le mois suivant chaque don pour être en règle.

Résultat

En une seule opération, Sophie et Pierre ont transmis 323 730 euros sans payer un centime d'impôt. Mathilde peut acheter son appartement, les petits-enfants ont un capital de départ pour leurs études, et le couple a réduit son patrimoine taxable pour la succession future.

Dans 15 ans, en 2041, Sophie et Pierre pourront refaire exactement la même opération si leur situation financière le permet.

Les erreurs à éviter absolument

Après avoir accompagné plusieurs amis dans leurs démarches de donation, j'ai identifié quelques erreurs classiques qu'il vaut mieux éviter.

Ne pas déclarer le don manuel

C'est l'erreur numéro un. Vous donnez 50 000 euros à votre fils par virement, vous vous dites que personne ne le saura, et vous ne déclarez rien. Sauf qu'au moment de votre décès, l'administration fiscale va éplucher tous les mouvements bancaires des dernières années. Si elle découvre ce don non déclaré, elle va le réintégrer dans la succession et appliquer des pénalités. Croyez-moi, ça ne vaut pas le coup.

Donner sans garder de quoi vivre

J'ai vu des parents se priver pour aider leurs enfants, au point de se retrouver en difficulté financière. Avant de donner, assurez-vous de garder suffisamment d'argent pour vos vieux jours. La règle d'or : ne donnez que ce dont vous n'avez pas besoin.

Oublier le délai de 15 ans

Si vous avez déjà donné 80 000 euros à votre fille il y a 10 ans et que vous lui donnez 100 000 euros aujourd'hui, vous dépassez l'abattement de 100 000 euros. Vous paierez des droits de donation sur 80 000 euros. Tenez un tableau avec les dates et les montants de vos donations pour ne pas vous tromper.

Négliger l'égalité entre les enfants

Si vous avez plusieurs enfants, essayez de rester équitable. Donner 200 000 euros à l'un et 50 000 euros à l'autre, ça peut créer des tensions familiales qui dureront des années. Même si un enfant en a plus besoin qu'un autre, expliquez vos choix et documentez tout par écrit.

Les stratégies avancées pour optimiser la transmission

Pour ceux qui ont un patrimoine plus important, il existe des techniques plus sophistiquées. Elles nécessitent souvent l'accompagnement d'un notaire ou d'un conseiller en gestion de patrimoine, mais elles peuvent faire économiser des dizaines de milliers d'euros.

Le démembrement de propriété

Au lieu de donner la pleine propriété d'un bien, vous pouvez donner seulement la nue-propriété et garder l'usufruit. Concrètement, vous restez propriétaire de l'usage du bien (vous pouvez y habiter ou percevoir les loyers), mais vos enfants deviennent propriétaires du bien lui-même.

L'avantage fiscal est énorme : la valeur de la nue-propriété est réduite en fonction de votre âge. Si vous avez 65 ans, la nue-propriété représente 60 % de la valeur totale du bien. Sur un appartement de 300 000 euros, vous ne transmettez fiscalement que 180 000 euros. Avec l'abattement de 100 000 euros, vous ne paierez des droits que sur 80 000 euros.

La donation avec réserve d'usufruit

C'est une variante du démembrement. Vous donnez votre résidence secondaire à vos enfants, mais vous gardez le droit d'y habiter ou de la louer votre vie durant. À votre décès, vos enfants récupèrent automatiquement la pleine propriété sans payer de droits de succession supplémentaires.

L'assurance-vie

L'assurance-vie n'est pas à proprement parler une donation, mais c'est un excellent outil de transmission. Les capitaux transmis bénéficient d'un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, indépendamment des abattements sur les donations. Et si vous alimentez votre contrat avant 70 ans, la fiscalité est très avavantageuse.

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Mon avis : anticiper sans se priver

Après avoir réfléchi longuement à ma propre transmission, j'en suis arrivé à une conviction : il faut anticiper, mais sans se mettre en danger financièrement. J'ai vu trop de parents donner par générosité et se retrouver à compter chaque euro quelques années plus tard.

Ma règle personnelle, c'est de ne jamais donner plus de 20 % de mon patrimoine liquide d'un coup. Ça me laisse une marge de sécurité pour les imprévus : travaux dans la maison, problème de santé, aide à un autre enfant qui en aurait besoin.

Et puis, il y a quelque chose de rassurant à savoir qu'on peut aider ses enfants de son vivant, voir leur joie quand ils achètent leur premier logement ou démarrent leur projet. Attendre la succession, c'est parfois attendre trop longtemps. À 60 ans ou 65 ans, nos enfants ont souvent plus besoin d'aide qu'à 80 ans ou 90 ans.

L'autre point important, c'est la communication. J'ai toujours parlé ouvertement avec mes enfants de ce que je comptais leur transmettre, et quand. Pas de surprise, pas de jalousie, pas de non-dit. Ça évite beaucoup de problèmes.

Pour aller plus loin

Si vous voulez approfondir le sujet de la transmission de patrimoine, je vous recommande de consulter le site officiel des impôts (impots.gouv.fr), qui propose des simulateurs et des guides pratiques. Vous pouvez aussi prendre rendez-vous avec un notaire pour faire le point sur votre situation personnelle. La première consultation est souvent gratuite.

Pensez également à tenir un registre de vos donations : dates, montants, bénéficiaires. Ça vous évitera de dépasser les abattements par erreur et ça facilitera la tâche de vos héritiers le moment venu.

Enfin, n'oubliez pas que les règles fiscales évoluent. Ce qui est vrai en 2026 pourrait changer dans quelques années. Restez informé et adaptez votre stratégie en conséquence.

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Ce qu'il faut retenir

1. Utilisez les abattements fiscaux : 100 000 euros par parent et par enfant tous les 15 ans, plus 31 865 euros de don familial si vous avez moins de 80 ans. Un couple peut transmettre 263 730 euros par enfant sans impôt.

2. Déclarez vos dons manuels dans le mois suivant avec le formulaire 2735. C'est obligatoire au-delà de 15 000 euros et c'est ce qui déclenche le délai de 15 ans pour renouveler l'abattement.

3. Anticipez votre succession avec une donation-partage si vous avez plusieurs enfants. Ça fixe les parts de chacun et ça évite les conflits futurs.

4. Gardez de quoi vivre confortablement. Ne donnez que ce dont vous n'avez vraiment pas besoin. Vos enfants préfèrent vous savoir serein financièrement plutôt que de recevoir de l'argent trop tôt.

Le plus important, c'est de commencer à y réfléchir dès maintenant. Même si vous n'avez pas des centaines de milliers d'euros à transmettre, chaque geste compte. Et croyez-moi, voir ses enfants réussir grâce à un coup de pouce au bon moment, ça n'a pas de prix.

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Francis Bédard

Francis Bédard

Papa de 3 enfants, j'ai dû apprendre à gérer un budget serré. Aujourd'hui, j'aide les débutants à reprendre le contrôle de leurs finances.