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Investissement

Faut-il investir en bourse pendant une crise géopolitique ? Mon retour d'expérience 2026

Anton Dufresne Anton Dufresne
29 mars 2026
12 min de lecture
Faut-il investir en bourse pendant une crise géopolitique ? Mon retour d'expérience 2026

📌 L'essentiel

  • Le CAC 40 a perdu 7,5% depuis le début du conflit au Moyen-Orient fin février 2026, atteignant 7 686 points le 27 mars
  • Historiquement, les marchés touchent leur point bas en moyenne 17 jours après le début d'une crise géopolitique avant de rebondir
  • La stratégie d'investissement progressif mensuel permet d'acheter plus d'actions quand les prix baissent sans chercher à timer le marché

Introduction

Quand j'ai ouvert mon application de courtage le 3 mars 2026 au matin, mon portefeuille affichait un joli -6,2% en rouge vif. Le conflit au Moyen-Orient venait d'éclater, et comme beaucoup d'investisseurs, j'ai senti cette petite boule au ventre. Vous savez, cette voix intérieure qui vous souffle : "Et si tu vendais tout maintenant pour limiter les dégts ?" Sauf que cette voix, je l'ai déjà écoutée en mars 2020. Résultat ? J'ai vendu au plus bas et raté un rebond de +40% dans les mois suivants. Aujourd'hui, avec 500 000 € de patrimoine investi et trois crises majeures au compteur, je peux vous dire une chose : la panique est votre pire ennemie en bourse. Le CAC 40 a perdu 7,5% depuis fin février 2026, atteignant 7 686 points le 27 mars. Mais faut-il vraiment s'inquiéter ? Décryptage basé sur mon expérience et les données historiques.

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Ce que l'histoire nous enseigne sur les crises géopolitiques

Permettez-moi de vous partager une statistique qui m'a beaucoup aidé à garder la tête froide : selon une analyse de Deutsche Bank portant sur 32 crises géopolitiques depuis 1939, les marchés touchent leur point bas en moyenne 17 jours après le déclenchement des événements, avec une baisse moyenne de 7,5%. Nous en sommes actuellement au 28ème jour depuis le début du conflit au Moyen-Orient, et le CAC 40 a justement chuté de... 7,5%. Coïncidence ? Peut-être. Garantie que le pire est derrière nous ? Absolument pas.

Mais voici ce qui est fascinant : dans 85% des cas historiques, les marchés avaient récupéré leurs pertes dans les 6 mois suivants. Prenons des exemples concrets que j'ai étudiés :

Crise Baisse initiale Rebond à 12 mois Délai de récupération
Guerre du Golfe (1991) -15% +30% 8 mois
11 septembre 2001 -12% +18% 11 mois
Invasion de l'Ukraine (2022) -20% +15% 14 mois
Conflit Iran-Israël (2026) -7,5% En cours En cours

Point de vigilance : Ces statistiques ne constituent pas une garantie. La guerre en Ukraine a pris plus de temps que prévu pour se stabiliser, et certains investisseurs ont attendu 14 mois avant de retrouver leur capital initial. C'est pourquoi l'horizon de placement reste crucial.

Concrètement, qu'est-ce que cela signifie pour vous qui lisez cet article avec peut-être 2 000 € ou 5 000 € investis ? Que vendre maintenant revient à cristalliser vos pertes. Vous transformez un "-7,5%" temporaire sur votre écran en une perte définitive dans votre portefeuille. C'est exactement l'erreur que j'ai commise en 2020, et je m'en mords encore les doigts.

Les trois erreurs fatales que j'ai commises (et que vous devez éviter)

Erreur n°1 : Vendre dans la panique (mars 2020)

En mars 2020, quand le CAC 40 a plongé de 40% en quelques semaines, j'avais 35 000 € investis. J'ai vendu 25 000 € de positions le 18 mars, persuadé que "cette fois c'était différent". Le marché a rebondi dès avril. Si j'étais resté investi, ces 25 000 € vaudraient aujourd'hui 35 000 €. J'ai perdu 10 000 € de gains potentiels à cause de la peur.

Erreur n°2 : Attendre le "point bas parfait" (2022)

Pendant la crise ukrainienne, j'ai gardé 15 000 € en cash pendant 8 mois, attendant que le CAC 40 descende sous 5 800 points. Il est descendu à 5 920 puis est remonté. J'ai finalement réinvesti à 6 400 points. Résultat ? J'ai acheté 10% plus cher en voulant être trop malin.

Erreur n°3 : Concentrer mes investissements (2018)

En 2018, j'avais mis 80% de mon portefeuille sur des valeurs technologiques françaises. Quand les tensions commerciales USA-Chine ont éclaté, ces valeurs ont plongé de 25% pendant que d'autres secteurs résistaient. Une diversification correcte aurait limité ma perte à 12%.

Frais cachés de ces erreurs : Au-delà des pertes directes, j'ai payé des frais de transaction à chaque achat/vente panique (0,5% par opération chez mon courtier), soit environ 300 € de frais inutiles en 2020.

Ma stratégie actuelle : l'investissement progressif sans stress

Aujourd'hui, voici comment je gère mon portefeuille pendant cette crise de mars 2026. Chaque 1er du mois, j'investis 200 € via mon Plan d'Épargne en Actions (PEA), que le CAC 40 soit à 8 000 ou 7 000 points. Cette approche s'appelle le "Dollar Cost Averaging" (investissement programmé).

Concrètement, voici ce qui se passe avec cette méthode :

Janvier 2026 : CAC 40 à 8 200 points → J'achète pour 200 € d'ETF World

Février 2026 : CAC 40 à 8 100 points → J'achète pour 200 € d'ETF World

Mars 2026 : CAC 40 à 7 686 points → J'achète pour 200 € d'ETF World

Résultat ? En mars, mes 200 € achètent 6% plus d'actions qu'en janvier. Mon prix de revient moyen se lisse automatiquement. Je n'ai pas besoin de deviner si nous sommes au point bas, je profite mécaniquement des baisses.

Pour mettre en place cette stratégie avec un petit budget, voici mes outils :

Mon PEA actuel (ouvert chez Boursorama) :

  • Frais de tenue de compte : 0 €/an
  • Frais d'ordre : 0,50 € par transaction (forfait)
  • Versement automatique : 200 € le 1er de chaque mois
  • ETF principal : Amundi MSCI World (code ISIN : FR0010756098)
  • Frais de l'ETF : 0,38%/an

Avec 150 €/mois (le budget que vous mentionnez dans votre profil), vous pouvez répliquer exactement cette stratégie. Sur un an, cela représente 1 800 € investis, soit environ 9 € de frais totaux (6 x 0,50 € de frais d'ordre + 6,84 € de frais d'ETF).

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Adapter votre stratégie selon votre situation personnelle

La grande question que je reçois souvent : "Anton, c'est bien beau ton histoire, mais j'ai 55 ans et je veux prendre ma retraite dans 10 ans. Je fais quoi ?" Excellente question. Voici comment j'adapte mes conseils selon l'horizon de placement :

Vous avez plus de 15 ans devant vous (20-45 ans)

C'est votre période dorée pour investir agressivement. Les crises sont vos meilleures alliées. Avec 15 à 40 ans devant vous, vous allez traverser probablement 3 à 5 crises majeures. Chacune sera une opportunité d'acheter des actifs de qualité en solde.

Ma recommandation : Investissez 80-90% en actions via des ETF diversifiés (World, S&P 500, Europe). Gardez 10-20% en fonds euros d'assurance-vie comme coussin de sécurité.

Exemple concret avec 150 €/mois :

  • 120 € → ETF World via PEA
  • 30 € → Fonds euros assurance-vie (rendement 2,5% en 2026)

Vous êtes à 5-15 ans de vos objectifs (45-60 ans)

C'est la zone intermédiaire. Vous avez encore du temps, mais moins de marge pour encaisser une grosse crise juste avant votre retraite. L'objectif : commencer à sécuriser progressivement.

Ma recommandation : Allocation 60% actions / 40% obligations et fonds euros. Réduisez les actions de 2-3% par an au profit des actifs sécurisés.

Exemple concret avec 150 €/mois :

  • 90 € → ETF World via PEA
  • 60 € → Fonds euros + ETF obligataire

Point de vigilance : N'abandonnez pas complètement les actions. Avec l'inflation à 2,4% en 2026, les fonds euros seuls ne préservent pas votre pouvoir d'achat sur 10-15 ans.

Vous êtes à moins de 5 ans de la retraite (60+ ans)

La préservation du capital devient prioritaire. Vous n'avez pas le temps de récupérer une grosse perte. Mais attention : avec une espérance de vie de 85-90 ans, vous aurez encore besoin de croissance pendant 25-30 ans après votre départ en retraite.

Ma recommandation : Allocation 30-40% actions / 60-70% obligations et fonds euros. Les actions restent nécessaires pour compenser l'inflation sur le long terme.

Exemple concret avec 150 €/mois :

  • 50 € → ETF World via PEA
  • 100 € → Fonds euros assurance-vie

Exemple concret : Sophie, 32 ans, face à la crise de mars 2026

Sophie, 32 ans, développeuse web à Lyon, gagne 2 200 € net par mois. Elle a commencé à investir en janvier 2026 avec 5 000 € d'épargne accumulée et un versement mensuel de 180 €. Quand le conflit au Moyen-Orient a éclaté fin février, son portefeuille affichait -320 € de perte latente.

Sa première réaction : "Je vends tout et je remets ça sur mon Livret A !" Son Livret A rapporte 3% en 2026, ce qui semble "sûr" face aux -6,4% de son PEA.

Mon analyse avec elle :

  • Horizon de placement : 33 ans jusqu'à sa retraite à 65 ans
  • Perte actuelle : 320 € sur 5 000 € (temporaire)
  • Si elle vend : perte définitive de 320 € + 15 € de frais
  • Si elle maintient : récupération probable en 6-12 mois selon l'historique

Sa décision finale : Sophie a maintenu ses investissements et continue ses versements de 180 €/mois. En mars, ses 180 € ont acheté 7% plus de parts d'ETF qu'en janvier grce à la baisse des cours. Dans 30 ans, avec un rendement moyen de 7%/an, ses 5 000 € initiaux vaudront 38 000 €, et ses versements mensuels totaliseront 165 000 € supplémentaires.

Point de vigilance : Sophie garde 3 mois de salaire (6 600 €) sur son Livret A comme épargne de précaution. Elle n'investit que l'argent dont elle n'aura pas besoin avant 10 ans.

Mon avis après 8 ans d'investissement

Je vais être honnête avec vous : regarder son portefeuille perdre 7,5% en quelques semaines n'est jamais agréable, même après des années d'expérience. Quand j'ai vu mon patrimoine perdre 37 500 € sur le papier en mars 2026, j'ai eu un pincement. C'est humain.

Mais voici ce que j'ai appris : la volatilité est le prix à payer pour la performance. Si vous voulez des rendements de 7-8% par an sur le long terme, vous devez accepter de voir votre portefeuille baisser de 10-20% tous les 3-5 ans. C'est mathématique. Les fonds euros vous donnent 2,5% sans risque, mais l'inflation à 2,4% vous laisse avec 0,1% de gain réel. Sur 30 ans, c'est la différence entre un patrimoine de 50 000 € et un patrimoine de 200 000 €.

Ma conviction personnelle : les crises géopolitiques sont du bruit de court terme. Elles créent de l'incertitude, de la volatilité, des gros titres anxiogènes. Mais les entreprises du CAC 40 ou du S&P 500 continuent de produire, d'innover, de générer des bénéfices. Total Energies vend toujours du pétrole, LVMH vend toujours des sacs de luxe, Apple vend toujours des iPhones. Les fondamentaux économiques ne changent pas parce qu'il y a un conflit au Moyen-Orient.

Mon conseil le plus important : Définissez votre stratégie AVANT la crise. Écrivez noir sur blanc : "J'investis X euros par mois pendant Y années, je ne vends pas sauf si [événement personnel grave : perte d'emploi, maladie]". Relisez ce document quand la panique vous prend. C'est ce qui m'a sauvé en mars 2026.

Pour aller plus loin dans votre stratégie d'investissement

Si vous voulez approfondir votre compréhension des marchés financiers et développer une stratégie solide, voici mes ressources préférées :

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Mes outils pratiques :

  • PEA : Enveloppe fiscale optimale pour investir en actions européennes (exonération d'impôt après 5 ans, seuls 17,2% de prélèvements sociaux)
  • ETF World : Exposition à 1 500 entreprises mondiales pour des frais de 0,20-0,40%/an
  • Assurance-vie : Complément avec fonds euros pour la partie sécurisée de votre allocation

Ressources gratuites :

  • Forum "Investisseurs Heureux" : communauté francophone de 50 000 membres partageant leurs stratégies
  • Chaîne YouTube "L'Épargnant 3.0" : vulgarisation excellente des ETF et de l'investissement passif
  • Podcast "Parlons Long Terme" : interviews d'investisseurs expérimentés

Ce qu'il faut retenir

Gardez le cap pendant les turbulences : L'histoire montre que les marchés récupèrent leurs pertes en moyenne 6-12 mois après une crise géopolitique. Vendre maintenant transforme une perte temporaire en perte définitive. Si vous avez plus de 10 ans devant vous, cette baisse est une opportunité, pas une catastrophe.

Investissez progressivement, pas en une fois : Avec 150-200 €/mois via un PEA, vous profitez automatiquement des baisses de marché sans chercher à deviner le point bas. Cette stratégie élimine le stress du timing et lisse votre prix de revient moyen sur plusieurs années.

Adaptez votre allocation à votre horizon : Plus vous êtes jeune, plus vous pouvez vous permettre d'être agressif avec 80-90% en actions. À l'approche de la retraite, réduisez progressivement vers 30-40% en actions pour sécuriser votre capital, mais gardez toujours une exposition aux actions pour compenser l'inflation sur 20-30 ans.

La crise de mars 2026 passera, comme toutes les précédentes. Dans 10 ans, vous vous souviendrez peut-être vaguement de ce conflit au Moyen-Orient, mais vous serez surtout content d'avoir continué à investir pendant que d'autres paniquaient. Restez rationnel, suivez votre plan, et laissez le temps faire son travail.

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Anton Dufresne

Anton Dufresne

J'ai commencé à investir à 16 ans avec mes premiers jobs d'été. En vivant chez mes parents après mon diplôme d'ingénieur et en réinvestissant chaque dividende, j'ai atteint 500 000€ à 36 ans. Aujourd'hui, mon portefeuille me verse ~1 200€/mois. Je prouve qu'on peut y arriver sans héritage.