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Épargne & Budget

Surendettement des jeunes : +65% de dossiers chez les 18-25 ans en 2025, comment l'éviter

Francis Bédard Francis Bédard
4 mars 2026
14 min de lecture
Surendettement des jeunes : +65% de dossiers chez les 18-25 ans en 2025, comment l'éviter

📌 L'essentiel

  • Les dossiers de surendettement des 18-25 ans ont bondi de 65% en 2025, avec 8 205 cas enregistrés par la Banque de France
  • Les paiements fractionnés et minicrédits représentent un tiers des dossiers chez les moins de 35 ans, souvent cumulés sans conscience du coût réel
  • Des solutions existent avant la spirale : Points Conseil Budget gratuits, plafonnement des frais bancaires à 25€/mois, accompagnement par l'association Crésus

Introduction

Je sais que c'est pas facile de parler d'argent, surtout quand ça va pas. Mais là, faut qu'on en parle : les jeunes de moins de 30 ans plongent dans le surendettement à une vitesse qui fait peur. En 2025, la Banque de France a enregistré 17 000 dossiers pour cette tranche d'ge, soit +36% en un an. Chez les 18-25 ans, c'est encore pire : +65% de dossiers, avec 8 205 jeunes qui ont dû demander de l'aide parce qu'ils n'arrivaient plus à payer leurs dettes.

Ce qui me choque, c'est que ces jeunes ne sont pas des dépensiers fous. La plupart gagnent à peine 1 206€ par mois, sont au chômage ou en contrat précaire, et se retrouvent coincés à cause de paiements fractionnés, de découverts bancaires ou de minicrédits qu'ils pensaient pouvoir gérer. On est tous passés par là, mais aujourd'hui, les pièges sont partout et ils se referment plus vite qu'avant.

Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi ça dérape si vite, quels sont les pièges invisibles qui transforment un petit découvert en catastrophe, et surtout, comment éviter de tomber dedans. Parce que oui, des solutions existent, et plus vous agissez tôt, plus c'est facile de s'en sortir.

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Les chiffres qui font froid dans le dos : le surendettement explose chez les jeunes

Bon, on va pas se mentir : les chiffres de 2025 font mal. La Banque de France a enregistré 148 013 dossiers de surendettement au total, soit +9,8% par rapport à 2024. C'est le niveau le plus élevé depuis 2018. Mais ce qui inquiète vraiment, c'est la part des jeunes.

Les moins de 30 ans représentent maintenant 12% des dossiers, alors qu'ils n'en représentaient que 5% il y a trois ans. Chez les 18-25 ans, on passe de 4 982 dossiers en 2024 à 8 205 en 2025. C'est presque le double en un an. Hélène Arveiller, directrice adjointe des services aux particuliers de la Banque de France, a dit clairement : « On n'a jamais vu ça avant. »

L'endettement médian de ces jeunes est de 13 790€, ce qui peut sembler peu comparé aux 17 951€ de moyenne nationale. Mais quand vous gagnez 1 206€ par mois et que vous êtes au chômage pour 37% d'entre vous, 13 790€ de dettes, c'est une montagne impossible à gravir.

Pourquoi les jeunes sont-ils plus touchés ?

Plusieurs raisons expliquent cette explosion. D'abord, 21,5% des 15-24 ans sont au chômage au quatrième trimestre 2025. Ensuite, 62% des personnes surendettées vivent sous le seuil de pauvreté. Enfin, les femmes sont surreprésentées dans ces dossiers, tout comme les personnes en contrat précaire.

Mais il y a un élément nouveau qui change tout : les paiements fractionnés et les minicrédits. Selon la Banque de France, un tiers des dossiers qui contenaient des paiements fractionnés ou des minicrédits concernaient des jeunes de moins de 35 ans. Ces produits financiers, présentés comme des coups de pouce, se transforment en pièges silencieux.

Point de vigilance : Les statistiques de la Banque de France ne comptent que les dossiers déposés. Beaucoup de jeunes en difficulté ne franchissent jamais cette étape, soit par méconnaissance, soit par honte. Le nombre réel de jeunes en galère financière est probablement bien plus élevé.

Les pièges invisibles qui transforment un petit découvert en catastrophe

Le découvert bancaire : la porte d'entrée vers l'enfer

Je vais vous dire un truc : le découvert autorisé, c'est pas de l'argent à vous. C'est un crédit, et il coûte cher. Les taux d'intérêt tournent autour de 16 à 18% par an, ce qui est énorme. Si vous restez à découvert de 500€ pendant 6 mois, vous payez environ 45€ d'intérêts, plus les frais de commission d'intervention.

Et c'est là que ça devient vicieux : 61% des jeunes en difficulté financière sont à découvert au moins 10 jours par mois. Le découvert devient structurel. Votre salaire du mois sert d'abord à combler le trou du mois précédent, et vous repartez immédiatement en négatif. C'est un cercle vicieux dont il est très difficile de sortir.

Frais cachés : Les commissions d'intervention peuvent atteindre 8€ par opération, plafonnées à 80€ par mois. Si vous avez plusieurs rejets de prélèvement, vous pouvez facilement atteindre ce plafond, ce qui aggrave encore votre découvert.

Les paiements fractionnés (BNPL) : le piège du « gratuit »

Klarna, PayPal, Alma... Ces plateformes vous proposent de payer en 3 ou 4 fois sans frais. Ça semble génial, non ? Le problème, c'est que si vous ratez une seule échéance, les pénalités tombent. Et surtout, quand vous cumulez plusieurs achats fractionnés, vous perdez le fil.

Imaginez : vous achetez un smartphone à 600€ en 3 fois, puis des vêtements à 150€ en 4 fois, puis un ordinateur à 800€ en 3 fois. En apparence, vous gérez. Mais en réalité, vous avez 5 à 6 prélèvements par mois qui tombent à des dates différentes, pour un total de 500€ environ. Si votre salaire est de 1 500€ et que vos charges fixes (loyer, transports, alimentation) sont de 1 200€, il vous reste 300€. Les paiements fractionnés bouffent 500€. Vous êtes coincé.

Point de vigilance : Les plateformes de BNPL ne sont pas toujours soumises aux mêmes obligations que les banques. Elles ne vérifient pas toujours votre capacité de remboursement, ce qui facilite l'accumulation de dettes.

Les minicrédits : la solution miracle qui devient un cauchemar

Les minicrédits (entre 50€ et 1 000€) sont présentés comme une solution rapide pour finir le mois. Mais les taux d'intérêt peuvent atteindre 20 à 21%, voire plus. Un crédit de 500€ remboursé sur 6 mois vous coûte environ 550€ au total, soit 50€ d'intérêts.

Le vrai problème, c'est que ces minicrédits s'accumulent. Vous en prenez un pour finir le mois, puis un deuxième le mois suivant, puis un troisième. Très vite, vous remboursez 200 à 300€ par mois rien qu'en crédits, ce qui rend impossible toute gestion budgétaire saine.

Pourquoi ça dérape si vite : les causes profondes

Des revenus trop faibles face à des dépenses qui explosent

Le salaire d'entrée sur le marché du travail tourne autour de 1 600€ brut, soit environ 1 280€ net. Mais le coût de la vie a explosé. Un studio à Paris coûte en moyenne 850€ par mois, 650€ à Lyon, 550€ à Bordeaux. Les transports représentent 150 à 200€ mensuels, l'alimentation 250 à 300€, l'énergie 80 à 120€.

Faites le calcul : avant même d'avoir vécu, un jeune actif a déjà dépensé 1 500€ minimum. Il lui reste 0€ pour les loisirs, l'épargne, ou les imprévus. Le moindre pépin (réparation de voiture, frais médicaux, achat urgent) fait basculer dans le découvert.

La précarité de l'emploi : impossible de prévoir

42% des jeunes de moins de 25 ans sont en CDD ou en intérim, contre 12% pour l'ensemble de la population active. Cette instabilité rend impossible toute projection financière. Comment signer un bail, souscrire un crédit, ou même planifier un budget quand vous ne savez pas si vous aurez un salaire le mois prochain ?

Les étudiants ne sont pas mieux lotis : 46% d'entre eux travaillent parallèlement à leurs études, souvent pour des revenus irréguliers. Les bourses, quand elles existent, ne couvrent qu'une partie des besoins. L'échelon le plus élevé plafonne à 631€ par mois sur 10 mois, ce qui est largement insuffisant.

L'éducation financière : le grand absent

73% des jeunes déclarent n'avoir jamais reçu de formation sur la gestion d'un budget, le fonctionnement du crédit, ou les mécanismes bancaires. Résultat : beaucoup confondent découvert autorisé et épargne disponible, ne comprennent pas le Taux Annuel Effectif Global (TAEG), ou ignorent les frais bancaires.

Un crédit à la consommation avec un TAEG de 15 à 21% transforme rapidement un achat de 1 000€ en une dette de 1 300€ étalée sur plusieurs années. Mais sans éducation financière, impossible de le savoir avant de signer.

Exemple concret : Léa, 24 ans, étudiante à Toulouse

Léa, 24 ans, étudiante en master à Toulouse, gagne 800€ net par mois grce à un job étudiant à mi-temps, plus 450€ de bourse (échelon 5). Total : 1 250€ par mois.

Ses charges fixes : 550€ de loyer (studio de 20 m²), 60€ de transports (abonnement bus), 200€ d'alimentation, 50€ d'énergie, 30€ de téléphone. Total : 890€. Il lui reste 360€ pour tout le reste.

En octobre 2025, Léa achète un ordinateur portable à 800€ en 3 fois via Klarna (sans frais). En novembre, elle prend des vêtements d'hiver à 150€ en 4 fois. En décembre, elle offre des cadeaux de Noël pour 200€, payés en 3 fois.

À partir de janvier 2026, Léa a 5 prélèvements par mois pour un total de 400€ environ. Avec ses 360€ de marge, elle ne peut pas suivre. Elle passe en découvert de 50€ en janvier, puis 150€ en février. Les frais d'incidents s'accumulent : 20€ de rejet de prélèvement, 20€ de lettre d'information pour découvert non autorisé.

En mars, Léa est à -300€ de découvert, avec 60€ de frais bancaires. Elle ne peut plus rembourser ses paiements fractionnés. Les pénalités tombent. En mai, elle dépose un dossier de surendettement.

Mon commentaire : Je vois ce scénario tout le temps. Léa n'est pas irresponsable, elle a juste cumulé des petits achats qui semblaient gérables. Le problème, c'est que personne ne lui a expliqué qu'un paiement fractionné, c'est un engagement ferme. Dès qu'il y a un imprévu (maladie, dépense urgente), tout s'effondre.

Les solutions concrètes pour éviter la spirale

Établir un budget réaliste et le suivre

La première étape, c'est de savoir où va votre argent. Des applications gratuites comme Bankin', Linxo ou Budgea permettent d'agréger tous vos comptes et de catégoriser automatiquement vos dépenses. Vous identifiez ainsi les postes compressibles et les dépenses « fantômes » (abonnements oubliés, petits achats répétés).

La méthode du 50/30/20 peut servir de guide : 50% du revenu pour les besoins essentiels (logement, alimentation, transports), 30% pour les envies, 20% pour l'épargne et le remboursement des dettes. Pour un salaire de 1 500€ net, ça donne 750€ de charges fixes, 450€ de dépenses plaisir, 300€ d'épargne.

Mais soyons honnêtes : avec un salaire de 1 200€, c'est impossible de respecter cette répartition. Dans ce cas, l'objectif est de mettre au moins 50€ par mois de côté, même si c'est peu. Ça crée un matelas de sécurité de 600€ en un an, ce qui peut éviter le découvert en cas d'imprévu.

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Négocier avec sa banque et activer les protections

En cas de difficultés, contactez immédiatement votre conseiller bancaire. Les banques peuvent proposer des solutions : réduction temporaire des frais, mise en place d'un découvert autorisé à taux négocié, lissage de remboursements.

L'offre clientèle fragile, obligatoire depuis 2014, permet de plafonner les frais bancaires à 25€ par mois pour les personnes en difficulté. Il faut en faire la demande explicite, car la banque n'est pas toujours proactive. Pour en bénéficier, vous devez remplir au moins un de ces critères : être inscrit au Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP), avoir eu au moins 5 incidents de paiement dans le mois, ou avoir un découvert de plus de 500€ pendant plus de 3 mois.

Frais cachés : Même avec l'offre clientèle fragile, certains frais ne sont pas plafonnés (cotisation carte bancaire, frais de virement). Vérifiez bien les conditions avec votre banque.

Recourir aux dispositifs d'aide et d'accompagnement

Plusieurs structures proposent un accompagnement gratuit :

  • Les Points Conseil Budget (PCB), déployés sur tout le territoire depuis 2019, offrent un accompagnement personnalisé par des professionnels. Plus de 400 structures sont labellisées en France. Trouvez le plus proche sur mesquestionsdargent.fr.
  • Les Centres Communaux d'Action Sociale (CCAS) peuvent accorder des aides d'urgence (chèques alimentaires, aides au loyer) et orienter vers des dispositifs locaux.
  • L'association Crésus (Chambre REgionale du SUrendettement Social) accompagne gratuitement les personnes en difficulté financière, avec 330 points d'accueil en France. Ils vous aident à négocier avec vos créanciers, à monter un dossier de surendettement si nécessaire, et à reprendre le contrôle de votre budget.
  • La procédure de surendettement auprès de la Banque de France reste une solution de dernier recours. Elle permet, après étude du dossier, un rééchelonnement des dettes voire un effacement partiel. En 2025, 122 670 dossiers ont été clos, avec un effacement total des dettes dans un peu plus d'un tiers des cas. Le délai entre le dépôt et la solution apportée est de 4 mois en moyenne.

Développer son éducation financière

Plusieurs plateformes gratuites proposent des formations :

  • Mes questions d'argent (site de la Banque de France) offre des modules pédagogiques sur le budget, le crédit, l'épargne.
  • La Finance pour Tous, association d'éducation financière, propose des guides pratiques et des simulateurs.
  • Les webinaires organisés par les associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV) permettent de poser des questions concrètes.

Comprendre le fonctionnement d'un TAEG, savoir calculer le coût réel d'un crédit, connaître ses droits face aux pratiques bancaires : autant de connaissances qui protègent efficacement contre les pièges de l'endettement.

Mon avis : on peut éviter le pire, mais il faut agir vite

Je vais vous dire ce que je pense vraiment : le surendettement des jeunes, c'est pas une fatalité. Mais il faut arrêter de croire que les paiements fractionnés sont « gratuits » ou que le découvert bancaire est une solution. Ces produits sont conçus pour vous faire dépenser plus, pas pour vous aider.

Ce qui me met en colère, c'est que les jeunes sont ciblés par des publicités agressives pour des crédits faciles, alors qu'ils n'ont jamais reçu la moindre formation sur la gestion d'un budget. C'est comme jeter quelqu'un dans une piscine sans lui apprendre à nager.

Mais il y a une bonne nouvelle : dès que vous prenez conscience du problème, vous pouvez agir. Contactez un Point Conseil Budget dès le premier découvert qui dure plus de 10 jours. Demandez l'offre clientèle fragile à votre banque. Arrêtez immédiatement les paiements fractionnés et les minicrédits. Même si ça fait mal, même si vous devez vous priver pendant quelques mois, c'est mieux que de plonger dans le surendettement.

Et surtout, n'ayez pas honte. On est tous passés par des galères financières. Le plus important, c'est de ne pas rester seul face au problème.

Pour aller plus loin

Si vous voulez approfondir le sujet et développer vos connaissances en gestion financière, voici quelques ressources complémentaires :

  • Mes questions d'argent (Banque de France) : modules gratuits sur le budget, le crédit, l'épargne
  • La Finance pour Tous : guides pratiques et simulateurs
  • Association Crésus : accompagnement gratuit partout en France
  • Points Conseil Budget : trouvez le plus proche sur mesquestionsdargent.fr

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Ce qu'il faut retenir

1. Agissez dès les premiers signes : un découvert qui dure plus de 10 jours, des mensualités difficiles à honorer, des arbitrages constants entre dépenses essentielles. Plus vous intervenez tôt, plus les solutions sont nombreuses et efficaces.

2. Méfiez-vous des facilités de paiement : les paiements fractionnés et les minicrédits ne sont pas « gratuits ». Avant tout engagement, calculez le coût réel et vérifiez votre capacité de remboursement sur la durée.

3. Utilisez les aides gratuites : Points Conseil Budget, association Crésus, offre clientèle fragile (frais plafonnés à 25€/mois). Ces dispositifs existent pour vous aider, n'attendez pas d'être au fond du trou pour les solliciter.

Pas de panique, on va s'en sortir. Même si vous êtes déjà en difficulté, même si vous avez l'impression que c'est foutu, des solutions existent. Le plus important, c'est de commencer, même petit. Même 20€ mis de côté par mois, c'est un début. Vous n'êtes pas seul, et c'est normal de galérer au début. L'essentiel, c'est de ne pas baisser les bras.

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Francis Bédard

Francis Bédard

Papa de 3 enfants, j'ai dû apprendre à gérer un budget serré. Aujourd'hui, j'aide les débutants à reprendre le contrôle de leurs finances.